Ursides, étoiles filantes de Noël

19 décembre 2019 Non Par karlantier

Elles sont méconnues, et font pourtant partie des pluies de météores les plus actives et intéressantes de l’année. Mais à l’approche des Fêtes de fin d’année, les esprits sont plus souvent tournés vers le sapin et le monsieur rouge et barbu que vers les Ursides. N’hésitez pas à changer de cible cette année, car les conditions d’observation seront quasi-parfaites !

Les Ursides, actives à la fin de l’année, sont des étoiles filantes associées aux météoroïdes échappés du noyau cométaire de 8P/Tuttle. Crédit image : MeteorShowers.org

Une pluie de météores délaissée

La pluie de météores des Ursides est active du 17 au 26 décembre, autant dire que ce n’est pas la meilleure période pour être observée par des astronomes… Fêtes de fin d’année, météo hivernale, les conditions ne sont pas idéales. Pourtant, cette pluie d’étoiles filantes* est une des plus actives de l’année, puisque son ZHR* maximum monte généralement à des valeurs de 10-15. Mais surtout, elle est la source de sursauts d’activité plus ou moins intenses, qui peuvent le faire grimper à 50.

Ces sursauts ont plutôt lieu lorsque la comète* à l’origine de la pluie, 8P/Tuttle, passe au périhélie, ce qui sera le cas en 2020. Néanmoins, même en dehors de ces fastes années, les Ursides peuvent être la source de bonnes surprises. De plus, le radiant*, localisé près de l’étoile Kochab, dans la Petite Ourse, est circumpolaire : les Ursides peuvent être observées toute la nuit ! Il est néanmoins mieux placé dans le ciel en tout début de nuit, et encore mieux, dans les dernières heures, juste avant le crépuscule, car il est alors plus haut dans le ciel.

Position du radiant des Ursides du 20 au 25 décembre. Crédit image : IMO

Sursaut possible le 22 décembre !

Cette année, la Lune ne viendra pas jouer les trouble-fête, puisqu’elle est nouvelle le 26 : laissera donc une grande partie de la nuit dans une noirceur des meilleures, si les nuages ne sont pas de la partie. Le maximum « classique » est prévu par l’IMO le 23 décembre, vers 3h TU, ce qui est une bonne nouvelle pour les observateurs métropolitains, puisque le radiant commencera à être bien haut dans le ciel. Peter Jenniskens prévoit lui que la Terre puisse croiser un filament un peu plus dense en météoroïdes le 22 décembre, vers 21h 39min TU. Le ZHR pourrait alors grimper à environ 30.

Quoiqu’il arrive, n’hésitez donc pas à sortir et profiter des belles nuits d’hiver ! Et à surveiller l’activité de cette pauvre petite pluie d’étoiles filantes délaissée en cette fin d’année 2019. Et faites des vœux ! Comme par exemple des tempêtes d’étoiles filantes pour 2020 !

Liens

Lexique

  • une pluie d’étoiles filantes est l’ensemble des météores associés à un nuage de météoroïdes issus d’une même source (comète ou astéroïde)
  • une comète est un objet constitué de roches et de glaces généralement localisé aux confins du Système solaire, mais qui peut se rapprocher périodiquement du Soleil. En s’en rapprochant, les glaces de la surface du noyau se subliment, entraînant avec elles les poussières qu’elles contiennent. Ce qui donne naissance aux queues de gaz et de poussières caractéristiques de ces objets.
  • un météore (ou étoile filante) est le trait lumineux observé lorsqu’une poussière interplanétaire ou un petit météoroïde pénètre dans l’atmosphère terrestre à très grande vitesse (entre 12 et 72 km/s)
  • un météoroïde est une petite particule de quelques millimètres à quelques dizaines de centimètres de diamètre qui se déplace dans l’espace. C’est elle qui donne naissance au météore si elle a la chance de pénétrer dans l’atmosphère de la Terre. Si le météoroïde est suffisamment massif, une partie de l’objet peut résister à cette entrée dans l’atmosphère, et donner naissance à une météorite.
  • une météorite est le caillou rocheux ou métallique qui est retrouvé sur terre, lorsqu’une partie d’un météoroïde suffisamment massif a réussi à traverser l’atmosphère et arriver au sol.
  • le radiant d’une pluie d’étoiles filantes est le point de la voûte céleste d’où semble provenir, par effet de perspective, les météores issus d’une même pluie.
  • le ZHR (Zenithal Hourly Rate, ou Taux Horaire Zénithal) est le nombre de météores que pourrait observer un individu dans des conditions d’observations parfaites : ciel bien noir et radiant localisé au zénith.