Quadrantides, premier show météorique de l’année

3 janvier 2020 Non Par karlantier

Largement méconnue, la pluie météorique* des Quadrantides est pourtant l’une des plus actives de l’année, avec une activité comparable aux Perséides d’août ou aux Géminides de décembre. Victimes de la météorologie hivernale et d’une géométrie défavorables, elles ne doivent cependant pas être négligées, notamment en 2020 !

Les Quandrantides sont une des pluies de météores les plus actives de l’année, mais aussi des plus difficile à observer. Crédit image : Daniel López

La première pluie météorique de l’année

L’astronomie fait fi des calendriers terrestres : à peine les festivités de fin d’année terminées que l’un des plus grands spectacles météoriques de l’année a lieu. Car l’activité de la pluie d’étoiles filantes des Quadrantides commence fin décembre, pour un court mais intense maximum en début de mois de janvier. En 2020, le pic d’activité est prévu le 4 janvier, vers 08h 20min TU. A ce moment, le ZHR* de la pluie météorique peut être compris entre 80 et 200, soit à des niveaux d’activité comparables aux Perséides d’août (ZHR ~ 110) ou les Géminides de décembre (ZHR ~ 150).

Les météoroïdes qui donnent naissance à la pluie d’étoiles filantes des Quadrantides se sont échappées du noyau de la comète 96P/Machholz et de l’astéroïde 2003 EH1.
Crédit image : MeteorShowers.org

Malheureusement, les conditions météo de début d’année peuvent vite être défavorables. Le pic d’activité des Quadrantides étant relativement court, il suffit de quelques heures de couverture nuageuse pour réduire à néant toute chance d’observer ces météores issus de l’astéroïde 2003 EH1 et de la comète* 96P/Machholz. Qui plus est, le radiant* de la pluie, comme son nom ne l’indique pas, est localisé au Nord de la constellation du Bouvier, entre les constellations d’Hercule, de la Grande Ourse et du Dragon, où fut un temps définie la petite constellation du Quadrant mural (d’où elle tire son nom). Bien que circumpolaire depuis la France métropolitaine (les Quadrantides sont donc observables toute la nuit), il n’atteint une élévation utile que lors des dernières heures de la nuit : il faut donc attendre 2h du matin pour pouvoir mener des observations, et 4 à 5h pour que le nombre de Quadrantides observées commence à être conséquent, ce qui laisse peu de temps pour en profiter pleinement avant le crépuscule.

Des étoiles filantes à observer en fin de nuit

Cette année, la Lune en Premier Quartier se couchera suffisamment tôt, en milieu de nuit, pour laisser des cieux bien noirs en deuxième moitié de nuit, lorsque le radiant sera suffisamment haut dans le ciel, ce qui est une excellente nouvelle ! Qui plus est, l’horaire du maximum attendu le 4 janvier, vers 08h20min TU, laisse supposer que l’activité dans la fin de la nuit du 3 au 4 janvier devrait aller en s’accroissant, et que l’Europe sera relativement bien placée pour profiter du maximum d’activité.

Position du radiant des Quadrantides, du 30 décembre au 15 janvier. Le nom de cette pluie de météores est associé à la constellation du Quadrant mural aujourd’hui disparue, et localisée entre les constellations du Bouvier, d’Hercule, du Dragon et de la Grande Ourse. Crédit image : International Meteor Organization

Pour ce faire, rien de plus simple ! Les Quadrantides peuvent apparaître partout dans le ciel. Avec une vitesse d’entrée atmosphérique des météoroïdes d’environ 41 km/s, les météores auront une vitesse apparente moyenne s’ils sont observés haut dans le ciel et loin du radiant. Ils apparaîtront d’autant plus lents qu’ils seront proches de l’horizon et du radiant. Une quarantaine de Quadrantides devraient ainsi être observables en foin de nuit du 3 au 4 janvier 2020, à condition que la météo et les conditions d’observation (pollution lumineuse) soient optimales. L’idéal est de centre son champ de vision sur la constellation de la Vierge, ou la tête de la Grande Ourse, en fin de nuit : un tel positionnement devrait vous permettre d’optimiser votre collecte de vœux pour ce début d’années 2020 !

Liens

Lexique

  • une pluie d’étoiles filantes est l’ensemble des météores associés à un nuage de météoroïdes issus d’une même source (comète ou astéroïde)
  • une comète est un objet constitué de roches et de glaces généralement localisé aux confins du Système solaire, mais qui peut se rapprocher périodiquement du Soleil. En s’en rapprochant, les glaces de la surface du noyau se subliment, entraînant avec elles les poussières qu’elles contiennent. Ce qui donne naissance aux queues de gaz et de poussières caractéristiques de ces objets.
  • un météore (ou étoile filante) est le trait lumineux observé lorsqu’une poussière interplanétaire ou un petit météoroïde pénètre dans l’atmosphère terrestre à très grande vitesse (entre 12 et 72 km/s)
  • un météoroïde est une petite particule de quelques millimètres à quelques dizaines de centimètres de diamètre qui se déplace dans l’espace. C’est elle qui donne naissance au météore si elle a la chance de pénétrer dans l’atmosphère de la Terre. Si le météoroïde est suffisamment massif, une partie de l’objet peut résister à cette entrée dans l’atmosphère, et donner naissance à une météorite.
  • une météorite est le caillou rocheux ou métallique qui est retrouvé sur terre, lorsqu’une partie d’un météoroïde suffisamment massif a réussi à traverser l’atmosphère et arriver au sol.
  • le radiant d’une pluie d’étoiles filantes est le point de la voûte céleste d’où semble provenir, par effet de perspective, les météores issus d’une même pluie.
  • le ZHR (Zenithal Hourly Rate, ou Taux Horaire Zénithal) est le nombre de météores que pourrait observer un individu dans des conditions d’observations parfaites : ciel bien noir et radiant localisé au zénith.