Géminides, poussières d’astéroïde

6 décembre 2019 Non Par karlantier

Bien moins connues et médiatisées que les Perséides d’août, la pluie d’étoiles filantes des Géminides est pourtant la plus active de l’année ! Actives du 4 au 17 décembre, leur maximum d’activité est prévu le 14 décembre, alors que la Lune sera quasi-Pleine et que l’événement « 1, 2, 3, Cherchez«  battra son plein à la Cité des Sciences et de l’Industrie, laissant une large place aux météores. Ce qui ne doit pas être une excuse pour ne pas tenter d’observer ces étoiles filantes d’origine astéroïdale !

Cette image composiste de Wade Earle a été réalisée dans l’Oregon (USA) pendant les Géminides 2017, alors que les interférences avec la Lune étaient bien moindres. © Wade Earle

La pluie de météores la plus active de l’année !

Avec un ZHR avoisinant 150, les Géminides sont actuellement la pluie météorique* la plus active de l’année. Par comparaison, le ZHR* des Perséides avoisine plutôt 100-110, et celui des Quadrantides (en janvier) est de l’ordre de 80-140. Leur désamour vient surtout du fait qu’elles sont actives du 4 au 17 décembre, donc lorsque les températures deviennent vite frigorifiques : on est loin de l’ambiance des vacances d’été ! Mais hormis les températures, les Géminides sont bien plus faciles à observer que les Perséides, puisque leur radiant*, localisé dans les Gémeaux, est levé pendant toute la nuit : lève-tôt, couche-tard, tout-le-monde peut profiter de cette pluie d’étoiles filantes, même si elle est plus active en milieu de nuit.

Position du radiant des Géminides, du 5 au 20 décembre. Lors du maximum, prévu le 14, il est très proche d’une des étoiles principales des Gémeaux, Castor. Crédit : IMO

En 2019, le maximum d’activité des Géminides est prévu le 14 décembre, entre 2h et 23h TU, d’après l’International Meteor Organization (IMO) : ce sont les nuits du 13 au 14, puis du 14 au 15 qui seront donc les plus intéressantes pour leur observation. Malheureusement, un astre brillant viendra jouer les trouble-fête : la Lune sera pleine le 12, et sera donc omniprésente dans le ciel lors de ces nuits, gommant de fait les météores les moins lumineux. Cela ne doit néanmoins pas décourager les amateurs d’étoiles filantes, puisque malgré ces conditions défavorables, la forte activité devrait laisser filtrer une vingtaine de météores par heure (soit environ trois fois moins que sous un ciel sans Lune). Ce qui n’arrive qu’une dizaine de nuits par an !

Jusqu’à 20 Géminides par heure

Pour profiter pleinement du spectacle, la première règle à respecter est de ce couvrir chaudement : pour observer les étoiles filantes, on bouge peu, et le froid peut vite devenir insupportable en cas de sous-équipement ! Ensuite, il faudra essayer de chercher les cieux les plus purs et clairs possibles pour limiter au maximum les nuisances lumineuses sélènes. La Lune, dans l’idéal, devra également être masquée par un relief, un bâtiment, un paravent ou autre, afin de limiter la fatigue qu’elle peut occasionner. Ensuite, il ne vous reste plus qu’à profiter du spectacle, pour lequel il vaudra mieux être allongé et concentré. Dirigez votre regard vers la Grande Ourse ou le Bélier (pour éviter au maximum la Lune, qui sera dans les Gémeaux, où est localisé le radiant, d’où le nom de la pluie météorique), et il ne vous reste plus qu’à compter les étoiles filantes qui semblent venir de la tête du Gémeau Castor ! Pour rajouter de l’intérêt à un spectacle qui n’en a pas besoin, les poussières que vous voyez passer sous forme de flèches lumineuses ne sont pas issues d’une comète*, comme la majorité des étoiles filantes, mais d’une astéroïde (ou une comète éteinte), (3200) Phaeton.

Bonne chasse aux Géminides et bons ciels à tous !

Au même moment : « 1, 2, 3 : Cherchez ! »

Alors que le maximum des Géminides ne sera pas loin de battre son plein, on parlera météores, météorites, cratères d’impact, planétologie et sciences participatives à la Cité des Sciences et de l’Industrie ainsi qu’à l’Institut d’Astrophysique de Paris lors de l’événement « 1, 2, 3 : Cherchez ! »

Les 14 et 15 Décembre de 13h à 18h, venez découvrir les sciences participatives à travers plusieurs activités à la Cité des Sciences et de l’Industrie (événement gratuit, ouvert à tous). Apprenez à reconnaître les météorites et les cratères d’impact et participez à la recherche scientifique en planétologie au sein de la communauté Vigie-Ciel.

Le soir, suivez les conférences ouvertes à tous (sur inscription) à l’Institut d’Astrophysique de Paris pour comprendre les problématiques scientifiques au cœur de nos projets participatifs : INSCRIPTION ICI

Liens

Lexique

  • une pluie d’étoiles filantes est l’ensemble des météores associés à un nuage de météoroïdes issus d’une même source (comète ou astéroïde)
  • une comète est un objet constitué de roches et de glaces généralement localisé aux confins du Système solaire, mais qui peut se rapprocher périodiquement du Soleil. En s’en rapprochant, les glaces de la surface du noyau se subliment, entraînant avec elles les poussières qu’elles contiennent. Ce qui donne naissance aux queues de gaz et de poussières caractéristiques de ces objets.
  • un météore (ou étoile filante) est le trait lumineux observé lorsqu’une poussière interplanétaire ou un petit météoroïde pénètre dans l’atmosphère terrestre à très grande vitesse (entre 12 et 72 km/s)
  • un météoroïde est une petite particule de quelques millimètres à quelques dizaines de centimètres de diamètre qui se déplace dans l’espace. C’est elle qui donne naissance au météore si elle a la chance de pénétrer dans l’atmosphère de la Terre. Si le météoroïde est suffisamment massif, une partie de l’objet peut résister à cette entrée dans l’atmosphère, et donner naissance à une météorite.
  • une météorite est le caillou rocheux ou métallique qui est retrouvé sur terre, lorsqu’une partie d’un météoroïde suffisamment massif a réussi à traverser l’atmosphère et arriver au sol.
  • le radiant d’une pluie d’étoiles filantes est le point de la voûte céleste d’où semble provenir, par effet de perspective, les météores issus d’une même pluie.
  • le ZHR (Zenithal Hourly Rate, ou Taux Horaire Zénithal) est le nombre de météores que pourrait observer un individu dans des conditions d’observations parfaites : ciel bien noir et radiant localisé au zénith.